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L'awale.
Jeu de calcul, de stratégie et de société
made in africa
L’awalé est un jeu
très ancien dont les origines n’ont jamais
pu être datées à ce jour. On sait toutefois
qu’il existait déjà du temps des Egyptiens,
dont on pense qu’ils sont les inventeurs,
sous le nom de " jeu du Senet ".
L’Awalé fait partie des jeux de planches
appelés "Mancala". Il s’agit d’un ensemble
de jeux africains de type « compter et
capturer » dans lesquels on distribue des
cailloux, graines ou coquillages dans des
coupelles ou des trous, parfois creusés à
même le sol. Outre l’awalé on trouve dans la
famille des jeux mancala le Bao, le Nam-nam,
le En Gehé (ou Engehei) ou encore le Omweso
(ou Omweeso, Mweso).
L’awélé
ou awalé est un jeu de société, de
combinaison mathématique et stratégique,
comparable au jeu d’échecs. Ce jeu est
présent dans presque tous les pays d’Afrique
noire, et s’est exporté jusque dans la
Caraïbe, sous diverses appellations : adi,
adita-ta, adji-boto (ewes, Ghana, Suriname),
awalé (Côte d’Ivoire), awari, awélé (Côte
d’Ivoire et ga, Ghana), ayo ou ayo-ayo
(yoruba, Nigéria), ourin, ourri (Cap-Vert),
oware ou owaré (akan, Ghana), wallé, wari
(Caraïbes), igisoro (Rwanda et Burundi) etc.
Il est souvent appelé awari en anglais.La
plupart des awalés vendus dans le monde est
fabriquée à Grand-Bassam, la première
capitale de la Côte d’Ivoire, à une
vingtaine de kilomètres à l’est d’Abidjan.
Un des plus anciens awalé existants est
exposé au Musée national du Mali, à Bamako,
au Mali, et Il daterait du XIXe siècle.
Le jeu se présente sur un plateau de bois
brut ou vernis et orné, pour les plus
élaborés, certains awélés sont de véritables
oeuvres d’art. Dans son modèle
transportable, Le plateau est divisé en deux
palettes reliées par des charnières. Le
plateau est creusé de deux rangées de six
trous, avec parfois deux trous
supplémentaires plus importants sur les
bords, afin de permettre aux joueurs de
stocker les prises. Les dites prises sont
soit des graines, des coquillages, des
galets ou quelques fois des billes. Les
graines, qui sont les pions les plus
répandus, viennent de l’arbre Caesalpinia
bonduc, une sorte de Flamboyant. Elles
ressemblent à des olives vertes mais sont
moins périssables si on ne les perd pas.
Les
règles du jeu ayant autant de variantes que
de pays. Nous n’en détaillerons qu’une qui
est relativement courante, appelée Abapa,
utilisée dans les tournois et reconnue par
la fédération internationale (World Oware
Federation).
• Comme les échecs, seulement deux joueurs
peuvent s’affronter, mais contrairement aux
échecs, les joueurs doivent jouer rapidement
et le public, membre du village, du
quartier, des tournois, accompagnent les
joueurs de leurs commentaires, chants,
encouragements ou disputes.
• Au départ, on répartit quarante-huit
graines dans les douze trous à raison de
quatre graines par trou.
• Les joueurs sont l’un en face de l’autre,
avec une rangée devant chaque joueur, qui
lui sert de camp. On choisit un sens de
rotation qui vaudra pour toute la partie
(généralement, le sens inverse des aiguilles
d’une montre ). On choisit également un
joueur qui commencera la partie.
• Le jeu compte 2 coups : La « semaison » et
la « récolte ».
1-
La semaison : Le joueur prend le contenu
complet d’un de ses trous non vides, puis va
semer les graines une à une dans les trous
suivants, dans le sens contraire des
aiguilles d’une montre. Selon le nombre de
graines saisies, il sèmera donc dans ses
propres trous, puis dans les trous de son
adversaire, puis dans les siens, etc… Dans
le cas où il repasse par dessus le trou
qu’il a vidé, il ne dépose pas de graine
dedans et continue au trou suivant
2- la récolte : On considère le trou dans
lequel on a semé la dernière graine. Si ce
trou est chez l’adversaire et contient,
après semaison, 2 ou 3 graines, celles-ci
sont retirées du jeu et appartiennent
maintenant au joueur récoltant, qui les
ajoute à son score. On considère ensuite les
trous précédents un à un dans le sens des
aiguilles d’une montre. Si, pour chaque
trou, il est chez l’adversaire et contient,
après semaison, 2 ou 3 graines, celles-ci
sont retirées du jeu et appartiennent
maintenant au joueur récoltant, qui les
ajoute à son score. Dès qu’une de ces deux
conditions n’est plus remplie, la récolte
est terminée. Le joueur gagnant est celui
qui, le premier, atteint un score au moins
égal à 25 graines.
• Le but du jeu est d’avoir récupéré le plus
de graines à la fin de la
partie.
• On ne saute pas de case lorsqu’on égraine
sauf lorsqu’on a plus de douze graines,
c’est-à-dire qu’on fait un tour complet : on
ne remplit pas la case où l’on vient de
prendre les graines.
• En cas de famine : Il faut nourrir
l’adversaire, c’est-à-dire que, quand
celui-ci n’a plus de graines, il faut
absolument jouer un coup qui lui permette de
rejouer ensuite. Si ce n’est pas possible,
la partie s’arrête et le joueur qui allait
jouer capture les graines restantes.
• Si un coup devait prendre toutes les
graines adverses, alors le coup peut être
joué, mais aucune capture n’est faite : il
ne faut pas affamer l’adversaire.
• La partie s’arrête quand un des joueurs a
capturé au moins 25 graines, soit plus de la
moitié ou qu’il ne reste que 6 graines en
jeu.
Ces règles sont plus simples qu’il n’y
paraît. Elles sont rapidement assimilées par
les débutants qui réalisent rapidement de
très beaux coups, ce qui en fait un jeu très
agréable et ludique. L’awélé est un jeu
sociable par excellence qui favorise la
convivialité et les liens sociaux. Il se
pratique dès l’âge de 8 ans, 4 à 5 ans pour
les plus précoces, et peux se jouer dans
toutes les situations.
En
Afrique, l’awélé n’as pas toujours été un
jeu « grand public », mais le privilège de
certaines classes sociales ou société
secrètes. Dans certaines régions, par
exemple chez les Akan (Côte d’Ivoire et
Ghana), l’awalé était un jeu de prestige et
ses champions jouissaient d’une certaine
popularité. Traditionnellement chez les
Akan, l’awalé est un jeu d’hommes et même de
nos jours, très peu de femmes s’adonnent à
ce jeu, quoiqu’il ne leur soit pas
formellement interdit. D’autre part, en
vertu de certaines croyances, l’awalé ne se
jouait que le jour et à la tombée de la
nuit, tous les jeux d’awalé devaient être
rangés.
De nos jours l’awalé, connais une notoriété
internationale. Des nombres livres et études
ont été publiés sur les règles et le
symbolisme du jeu. On peut également y jouer
en ligne sur des sites internet de jeux ou
de casino, et des tournois ont lieu aux
quatre coins du monde, à commencer par
l’Afrique, où les compétitions d’awalé,
particulièrement animées, sont dotées de
prix. Il y a une anecdote qui rapporte que
tout un village prit feu pendant que deux
champions s’affrontaient dans un grand
match, et tout le monde autour était
tellement captivé que le village brûla sans
que personne ne s’en aperçoive.
par Hafi DIALLO |