Salut Medhy !
Bonsoir les gars !
Peux-tu nous parler un peu
de ton actualité ?
Bien sur ! Ce soir, je suis
présent ici. Cela représente
pour moi quelque chose de
très important car c’est ma
première scène, depuis ma
signature chez Warner, dans
une boite de nuit
antillaise. J’ai donné, pour
le moment, la priorité a
ceux qui ne me connaissaient
pas du tout. Rencontrer ce
nouveau public qui découvre
le zouk a travers ce que je
fais était, selon moi,
primordial. Mais il était
aussi très important pour
moi d’effectuer ce retour
vers mon premier public. Là,
ce soir, on se fait une
petite fiesta entre nous, je
suis vraiment content d’être
là, vous pouvez me croire.
Faire ton retour auprès du
public antillais, c’est
quelque chose qui représente
beaucoup pour toi ?
Je ne me suis pas forcément
éloigné, mais il était
important, je le répète,
d’aller à la rencontre d’un
public nouveau, qui s’est
rapproché du zouk par
rapport aux succès d’Elle
Demande et Ne Le Dis A
Personne. Dans le souci de
promouvoir le zouk sur le
plan national, il était
complètement logique pour
moi de sillonner un peu la
France et d’aller me
produire à des endroits où
l’on ne trouve pas forcément
une forte communauté
antillaise, de manière à
donner au zouk une plus
large exposition.
« C’est pour moi extrêmement
important d’aller vers les
gens qui demandent à mieux
connaître ma musique. »
Faire écouter
du zouk à un plus large
public semble être quelque
chose de primordial pour
toi…
Bien sur ! Nous sommes une
petite minorité intéressante
qui a la chance de faire une
musique qui parle à toutes
les communautés. Maintenant,
effectivement, si on ne la
promotionne pas, ça sera un
coup d’épée dans l’eau. Si
on ne va pas à la rencontre
d’autres publics, ce sera
juste dommage car si il y a
un engouement, un intérêt,
il faut savoir le
développer. C’est pour moi
extrêmement important
d’aller vers les gens qui
demandent à mieux connaître
ma musique. Il ne faut pas
s’enfermer. Au contraire, je
pense qu’il faut savoir
s’ouvrir au grand public.
Au même titre que Perle
Lama, tu es l’un des
ambassadeurs du zouk au
niveau national. En as-tu
conscience ?
Evidemment, mais au même
titre que nos prédécesseurs,
comme Slaï, par exemple,
Thierry Cham aussi. Il ne
faut pas les oublier. Ils
ont eux aussi porté leur
pierre à l’édifice pour
tenter de faire connaître le
zouk à un plus grand nombre
de gens. Pour ma part, j
aimerais être de ceux qui
continuent à promouvoir le
zouk, faire que cette
musique soit une musique
qu’on a plaisir à danser, à
écouter en métropole, au
même titre que n’importe
quel style musical
aujourd’hui au box office.
Tu penses que c’est faisable
?
C’est vrai que le challenge
n’est pas d’une simplicité
absolue mais il est très
intéressant à relever. En
même temps, je manquerais
d’ambition si je disais que
c’était impossible. Je suis
plus quelqu’un qui aime
bousculer les mentalités, je
suis quelqu’un qui essaye
d’enfoncer les portes, qui
ne lâche rien. Je peux vous
garantir que je vais faire
tout ce qui est en mon
pouvoir pour pérenniser
cette affection que la
métropole a pour le zouk
depuis Kassav, et tous les
autres interprètes qui ont
suivis. Je souhaite aussi
moderniser cet engouement,
car chaque génération a
aussi ses propres
influences, et c’est pour ça
que la musique évolue
constamment. Maintenant, est
ce que ça va perdurer, c’est
une question à laquelle je
ne peux pas répondre, mais
je fais le maximum pour
faire avancer le mouvement.
« Depuis
Franc Jeu, j’ai précisé mon
univers »
Qu’est ce qui a changé en
toi depuis Franc Jeu ?
Je pense avoir précisé mon
univers, je l’ai aussi
élargi, dans le sens où j’ai
fait intervenir dans ma
musique d’autres influences
qui étaient aux portes de
mes envies musicales, mais
que je n’intégrais pas à mes
chansons par le passé. Ne Le
Dis A Personne, c’est encore
un style de zouk qui n’est
pas commun. Je bouscule pas
mal de choses, je prends
souvent les gens à contre
pied et par surprise...
Prendre les gens à
contre-pied, c’est quelque
chose qui te plaît ?
Ce qui me plaît, c’est de
donner au zouk tout ce qui
me représente, tout ce que
j’ai appris, tout ce que
j’ai accumulé comme
expérience. J’ai eu des
expériences dans la musique
traditionnelle, en acapella,
en r&b, en variété
française, en salsa, en
musique africaine. Tout cela
me permet de colorer mon
zouk encore un peu plus.
Cela apporte beaucoup de
richesse à ma musique. Mais
c’est clair que j’essaye de
faire ressortir au maximum
mon côté hip hop à travers
mes chansons.
Le développement du zouk
passe-t-il par ces
consonances un peu plus hip
hop ?
Pas forcément. Moi c’est ma
façon de voir les choses et
ça s’adresse à une certaine
catégorie de personnes qui
se retrouvent dans ces
influences. Mais l’avenir
nous dira si Franc Jeu ou
bien si d autres chansons
feront que le zouk trouvera
sa place dans le paysage
musical français.
Tu pense que c’est ce coté
r&b-hip hop qui fait
qu’aujourd’hui tu es le
numéro 1 sur la scène
nationale ?
Je pense que ça touche
effectivement un public qui
n’avait pas encore été
touché par le zouk. C est un
public beaucoup plus hip hop
dancehall qui avait du mal a
se retrouver dans un certain
style de zouk. Mais il y a
bien entendu une
collaboration possible.
Quels sont tes projets ?
J’ai envie d’essayer pas mal
de chose. Je trouve que la
musique traditionnelle de
chez nous est très très
riche. Elle n’est pas encore
exploitée sous sa forme
moderne. Ce serait bien, par
exemple, de puiser à travers
les sept rythmes du groka
ainsi que dans leurs 12
dérivés pour pouvoir colorer
encore un peu plus le zouk,
le hip hop etc…
Te sens-tu les épaules pour
être le porte parole du zouk
en métropole ?
Disons que je me propose à
la scène nationale fort de
tout ce que j’ai pu
connaître dans ma vie. Je
reste à l’écoute pour
pouvoir constamment
progresser et j’essaye de
m’armer et d’être près en ce
sens. Mais on a beau être
prêt, on ne sait jamais ce
qu’il va se passer. Seul
l’avenir décidera.
Propos recueillis par Robin
Lépinay et Nicolas Beaubrun
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