PAT SAKO ( ARTISTE-CHANTEUR ) : REGLE SES COMPTES

Membre du célèbre groupe Espoir 2000, avec Valéry, Pat Sako fait partie de ces artistes qui n'ont pas la langue dans la poche. En témoigne ses attaques répétées en direction des autorités et surtout de la gente féminine. Objet de nombreuses rumeurs et polémiques, l'artiste est très souvent sous les feux des projecteurs. Nous l'avons rencontré. Il a parlé. Lisez tout simplement.

5 albums, 5 succès, quel est votre secret ?

Je pense que notre secret, c'est Dieu, parce que 5 succès, ça ne peuvent pas être l'œuvre des humains. Cet album (Ndlr : le dernier) on l'a baptisé ''Gloire à Dieu'' pour faire un bilan à mis parcours, marquer une pause et dire merci au Seigneur pour tout ce qu''il a fait pour nous. Donc, un secret particulier, je dirai non. Je pense que tout est divin.

Depuis que cet album est sorti, vous êtes presqu'insaisissable. Tournées par-ci, spectacle par-là. Les choses semblent aller pour vous apparemment.
Musicalement oui. Nous avons bossé et le public a bien accueilli notre album. Actuellement l'album se comporte bien. Nous avons fait des concerts à la demande générale. Tout le monde sait comment ça s'est passé. Nous pouvons dire merci à Dieu.

Pourquoi avoir attendu 5 albums pour faire un véritable concert ? Est-ce parce que vous aviez peur de ne pas assurer ?

Pour notre première apparition, nous avons fait du live à la télévision, à l'émission “Dimanche Passion'' et sans maquette. Cela n'à rien avoir avec la peur. Le ''Wôyô'', (Ndlr : Ambiance facile) c'est du live. Aujourd'hui, les gens viennent aux concerts ce qui n'était pas le cas, il y a 5 ans de cela. En plus, avec la guerre, nous avons préféré attendre la sortie de cet album pour proposer au public un bon concert. Par contre, nous avons eu à faire des concerts live dans la certains pays.

Lors d'un de vos concerts, Shura était à vos côtés. Il pourrait donc reprendre sa place au sein du groupe ?
Shura est peut-être parti physiquement, mais, il est moralement présent dans le groupe. Sa présence pour nos 10 ans, permettra à ceux qui aiment parler des problèmes des gens, de se calmer. Il n'y a jamais eu de problème entre nous. Ils inventent des choses sur toi et après, ils viennent te voir pour que tu les démentes. Nous sommes avant tout un groupe d'amis. Alors, s'il y a un qui décide de rester à Paris, je ne vois pas où est le problème. D'ailleurs, nous ne sommes pas le premier groupe à avoir un membre en France. Les Poussins et les Salopards ont vécu la même situation. Je ne comprends donc pas, pourquoi le cas de Shura crée des problèmes.


Quelles ont été les conditions dans lesquelles vous vous êtes séparés ?
Avant de partir en France, il nous a dit qu'il a eu des problèmes de santé, de sorcellerie, de famille au village... Donc, il a été obligé de se retirer pour se faire oublier et profiter de la même occasion pour ''se chercher'' en France. C'était son projet avant qu'il ne soit malade. Alors, lorsque nous sommes partis à Londres, il est allé à Paris.

Il n y a pas longtemps Joss Men Joss a dit qu'il va tenter une médiation entre Shura et toi. Pourquoi donc une médiation s'il n'y a pas de problème comme tu le prétends ?
Shura m'a dit qu'il n'y avait pas de médiation à faire et que, Joss Men Joss avait été mal informé. Lorsque tu expliques un problème aux gens, ils trouvent d'autres choses à dire. Pour faire venir Shura de Paris pour les 10 ans d’Espoir 2000, Nous n’avons pas eu besoin de médiation. Il n y a pas d'histoires entre Shura et nous. Et puis, quelle histoire devrait-on avoir pour qu'il décide de rester en France ?

Une histoire de poison…
C'était une invention. Il m'a appelé pour me dire qu’il aurait dit dans les journaux que je l'aurais empoisonné. Shura n'est pas le lead vocal du groupe. Alors, pourquoi devrais-je l'empoisonner ? Malgré son absence, est-ce que Espoir 2OOO n'évolue pas? On n'a pas de problème. Il est en France et nous ici.

Pourquoi recrutez-vous un troisième membre ?
C'est aussi une autre invention. Les journalistes sont des chimistes. Ils montent des choses de toutes pièces. Maintenant, nous avons une nouvelle tactique ; celle de prendre les choses comme ça. Si un jour, j'ouvre un et que je vois ''Adieu Pat Sako'', je le referme, sans même chercher à savoir qui m'a tué.

Il n'y a jamais de fumée sans feu.
Non ! Je pense qu'aujourd'hui, il n'y a pas une rédaction où on n'a pas le numéro des artistes. Si on n'arrive pas à me joindre, on peut appeler Yodé ou un autre artiste qui a mon numéro. En fait, s'ils vérifient les informations, ils ne pourront pas vendre le journal. Donc, ils écrivent d'abord et ensuite demande.

Après les femmes, c'est maintenant aux journalistes que tu t'en prends. Qu'est-ce que tu as contre les journalistes, qui ont contribué à votre succès ?
Quand l'UNJCI (Ndlr : Union nationale des journalistes de Côte d'Ivoire) a organisée la dernière nuit des Ebony, ce sont les Sénégalais qu'ils ont invité.

Magic System avait aussi été invité à l'époque…
Ça c'était une des rares choses bien faite par cette structure. Ils vont prendre des Sénégalais qu'on ne connaît même pas ici pour venir faire du live. Ils ne font pas la promotion de leur propre culture. On n'invitera jamais Espoir 2000 aux Ebony au Congo. C'est nous qui aimons ce qui vient d'ailleurs. Et lorsque c'est pour remettre un prix au Directeur Général de la RTI, ils ont besoin de nous. Il faut qu'on se respecte. On n'oblige pas les gens à inviter forcément Espoir 2000. Il y a Gadji Céli, Meiway et bien d'autres artistes qui peuvent être invité. C'est ce jour-là que j’ai vu, pour la première fois la chanteuse sénégalaise en question. Et lorsqu’ils finissent avec ces personnes, c'est de nous qu'ils parlent à la télé, dans les journaux… tout ce qui est mau vais, c'est nous. C'est ce qui est bon qu'ils invitent aux Ebony.

Est-ce une raison pour attaquer les journalistes qui sont indispensables à votre éclosion ?

Ce sont eux qui critiquent. Et donc quand ils déconnent, il ne faut pas les épargner

C'est quand même ingrat, parce que, ce sont eux qui vous font
Quelle ingratitude ! Ils n'ont qu'à bien nous faire.


Aujourd'hui si vous roulez dans de grosses cylindrées, la presse y a contribué.
La presse ne crée pas le talent de l'artiste. Mais elle contribue plutôt à son éclosion. Mais, aujourd'hui, si la presse t'a aidé à 20 %, elle est prête à te détruire à 345 %. On ne peut pas faire un journal sans potins. Et les potins, c'est nous qui les faisons. J'ai lu l'interview de Lino Versace et j'ai suivi la polémique après, où le journaliste a dit qu'il avait une bande ... Je veux dire que je ne peux plus faire confiance aux journalistes.

Apparemment tu n'as pas confiance à nos écrits
N-O-N ! Je n'ai pas confiance. De même que vous ne vérifiez pas les informations avant de les publier, de même je veux vérifier vos écrits avant de vous croire.

Il existe des voies de recours si tu te sens diffamé…

Il n'y a aucune justice pour ça. Souvent, il est marqué sur une affiche ''Invité spécial Espoir 2000'' sans notre avis. Aux Etats-Unis, c'est de l'argent. Mais ici, c'est tout autre chose. S'ils n'ont pas pu faire de lois contre la piraterie, ce ne sont pas les détails qu'ils vont gérer. Cela fait que, chacun fait, et dit ce qu'il veut.

Quels sont les moyens dont vous disposez pour lutter contre la piraterie ?
Ce sont les moyens que vous connaissez. On n'a ni la loi, ni le BURIDA (Ndlr : Bureau ivoirien des droits d'auteurs), ni le gouvernement avec nous. Donc, ce sont les affrontements que nous avons comme arme contre les pirates. Et là encore, c'est nous qu'on gaze, parce que, dit-on, on perturbe la quiétude du Plateau.

Avez-vous eu l'autorisation de faire cette descente ?
Une autorisation contre quelque chose d'illégale ! Mais à qui ? Si le Ministère de l'Intérieur trouve normale qu'on pirate nos œuvres, pourquoi devrait-il te donner une autorisation ?

Où en êtes-vous exactement avec la piraterie ?

Toujours au point zéro. Il y a L'UNARTCI (Ndlr : Union Nationale des Artistes de Côte d'Ivoire) qui a engagé une démarche auprès des étudiants. On attend de voir ce que ça va donner. Dans les pays comme le Cameroun et le Ghana il y a une loi. Sinon, rencontrer les étudiants c'est bien, mais ce n'est pas le véritable problème. Je crois même qu'ils ont demandé qu'on leur fasse un prix spécial pour les CD. Si c'est vendu à 3 000 F CFA dehors et 1 500 F CFA en cité, qui achètera les CD dehors ? Je n'ai pas la vraie information mais c'est la loi qui peut régler tout ça. Si le Président Laurent Gbagbo décide qu'il n'y a plus de piraterie en Côte d'Ivoire, il n'en n'aura plus. Quand il a reçu le groupe Magic System, il a dit ceci : ''Pour le problème de la piraterie, on en en train de voir''. Mais pendant ce temps, nous ne sommes pas en train de vivre. Il n'y a pas un événement à la télévision sans artiste. Qu'est-ce que l'artiste mange avant de venir à cette invitation?

Il y a une autorité de ce pays qui a dit que les artistes se plaignent toujours mais n'ont jamais pris la peine de faire une proposition de loi contre la piraterie au parlement. Qu'est ce que tu en penses ?
C’est du domaine de l'administrateur provisoire au BURIDA qui est là actuellement peut faire une proposition de loi qu'il va transmettre au ministère de tutelle, qui lui à son tour va le proposer aux députés. A chaque fois qu'on nous envoie un administrateur et qu'on nomme un nouveau ministre, il y a des palabres entre les deux personnes pour une questiond'argent. Il n'y a jamais eu un accord sur un projet de lois. Quel intérêt l'administrateur provisoir ou le ministre a, à gagner, à ce que la piraterie prenne fin ?

C'est une accusation grave. Tu veux donc dire qu'ils sont les complices des pirates ?

Non, pas qu'ils sont leurs complices. Je veux dire qu'ils sont indifférents à nos problèmes qui ne les dérange pas. C'est comme un artiste qui ne produit pas d'œuvre et qu’on lui parle des nouvelles lois sur les chansons. Mais, il n'en a rien à foutre. Qu'on pirate les œuvres d'Espoir 2000 ou pas, le ministre s'en fout. Mais au BURIDA où se trouve l'administrateur, il y a de l'argent. Alors s'il engage un bras de fer, il peut avoir “quelque chose”.
Chacun va où il y a ses intérêts.

Entre l'UNARTCI et le BURIDA, de quelle structure te sens-tu proche ?
Je suis avec l'UNARTCI. Je ne suis même pas avec le BURIDA.

Pourtant, c'est au BURIDA que tu perçois tes droits ?

Ça fait des années que je ne suis pas arrivé au BURIDA.

Pourquoi ?
Quels sont les droits qui y sont? C'est quand on vend qu'on a des droits.

Et les droits de diffusion télé, radio, Internet et autres ?
Ce sont des choses qui n'ont jamais été payées depuis des années. Et, tous les artistes, la RTI et le ministère le savent. C'est en Europe qu'on te paye 200 000 F pour faire un plateau qui ne dure pas. Mais ici, c’est nous qui payons pour passer sur les antennes. A RTI Music, nous payons 800 000 F CFA pour être diffusé. Alors que sur Trace TV, nous percevons 600 000 F CFA, à chaque fois que notre clip passe. Nous avons été colonisés par les européens. On ne copie pas les lois qui existent chez eux pour les appliquer ici.

Vos vidéos sont diffusées sur une chaîne étrangère de la sous-région. Percevez-vous des droits ?
C'est au BURIDA de rentrer en possession de tous les droits de la sous-région, et nous les verser.

Vos vidéos y passent avec votre accord ?
C'est moi-même qui ai déposé la vidéo sur cette chaîne pour la promotion.

Abordons le chapitre du collectif patriotique. Qui en eu l'idée ?
L'idée est venue lors d'une causerie entre Yodé, Vieux Gazeur, Bagnon et moi. Vous savez, quand vous écrivez un livre, il met du temps pour être lu par 1000 personnes. Alors qu'une chanson peut être écoutée dans le monde entier au même moment. Notre pays étant attaqué, nous nous sommes dit qu''il fallait faire quelque chose à notre niveau. La majorité de la population dans ce pays est analphabète. Et, ce sont ces personnes que les politiciens utilisent. Nous avons donc voulu leur expliquer l'évolution de cette situation en utilisant un langage terre à terre. C'est ainsi que, chaque fois qu''il y a un événement, on l'explique par une chanson. Mais vous savez, on ne peut pas plaire à tout le monde. Lorsque nous chantons pour demander aux gens d'arrêter la guerre, il y en a qui ne sont pas content. Ce qui veut dire que si tu dis aux gens de se battre dans ta chanson, certains vont danser.

Quel bilan fais-tu de cette expérience ?

Le bilan est positif. Nous avons permis à de nombreuses personnes de comprendre beaucoup de choses sur la guerre.

On vous imagine riche. Il se dit même que vous émargez à la présidence…
(Rire). Chacun est libre d'imaginer ce qu''il veut. Sérieusement, nous avons commencé à chanter très tôt donc, nous nous suffisons aujourd'hui. Nous pouvons scolariser nos enfants à l'école et manger à midi. Il y a des personnes de bonnes volontés qui nous donnent une voiture que nous payons sur un an. Souvent, lorsqu'il n'y a pas de ''gombos'' le ''vieux père'' peut avoir pitié de toi en te donnant 300 000 francs et puis tu le cites dans ta chanson.

Donc vous émargez à la présidence ?

Non, pas du tout.

Vous n'avez jamais rencontré le Président de la République?
Jamais.

Est-ce à dire que la lutte patriotique n'a pas payé ?
Nous ne l'avons pas fait dans un but lucratif. C'était quelque chose qui venait du fond du cœur. Mais lorsque l'argent arrive, nous le prenions. Alors si ce n'est pas venu, on ne peut dire le contraire.

Tu étais absent sur les deux derniers albums patriotiques. Peut-on savoir les raisons ?
Je crois que je devais appeler les journalistes pour leur dire pourquoi je n'ai pas participé à l'avant dernier album. Mais, j'ai laissé jusqu'à 2 albums. Ils ont donc eu le temps de penser à ma place. J'ai entendu les gens dire que j'étais FPI. Maintenant je suis devenu PDCI parce que j'ai chanté ''Au temps de Boigny ô…''. Il n'en est rien. Vous savez, ce sont des choses qu'on fait de manière spontanée. On crée quelque chose à partir d’un événement. Je n'étais pas disponible. Pour le dernier album. Nous étions au Danemark.

As-tu des problèmes avec Charles Blé Goudé ?
C'est encore une invention des gens. Nous nous sommes eu au téléphone il n'y a pas longtemps. Je pense que ce sont des personnes qui n'apprécient pas notre relation qui vont lui raconter certaines choses. Ils lui ont donné une information selon laquelle j'aurai dit non à un leader politique. Et c'était à la Une d'un journal. Il s'est effectivement fâché et il m'a appelé. Je lui ai dit ce qu'il en était réellement . Je lui ai demandé le nom du journaliste qui a écrit l'article. Il m'a demandé d'acheter le journal. Lorsque j'ai acheté le journal et lu l'article, j'ai ensuite appelé le journaliste en question. Il m'a dit qu''il a reçu l'information. Il aurait dû m'appeler pour vérifier quand même. Il est venu me voir après pour s'informer.

Quel sont vos rapports avec votre premier producteur, Barthelemy Inabo ?

On a de très bons rapports.

Pourquoi avez-vous alors changé de producteur ?
On a voulu changer notre manière de travailler parce que, le producteur n'était pas un homme du métier. On a donc préféré changer de producteur pour faire avancer les choses tout simplement. Ce n'est pas pour autant qu''on a coupé le contact avec lui. Il a toujours été un conseillé pour nous.

Après 5 albums, n'êtes-vous pas tentés d’avoir une carrière internationale à l'image de Magic System ?
On y a toujours songé. Magic System n'est pas né à l'international. Nous étions tous ici dans le Zouglou et les portes de l'extérieur se sont ouvertes à eux.

Quelles sont les actions que vous menez dans ce sens ?
Il faut aller en Europe pour prendre des contacts. Aujourd'hui, nous avons la chance d'avoir Magic System là-bas. Et puis, le Zouglou est un genre musical que les gens connaissent déjà. Il faut rencontrer les bonnes personnes. Nous avons eu de bons contacts. On ne va rien dévoiler pour l'instant.

Que devient Yves Armand Debordeau ?
C'est notre manager en Europe. Ici, nous avons pris un de nos amis qui s'appelle Diallo Abdoulaye. Nous avons décidé ainsi parce qu'il y a des managers qui s'accrochent aux artistes qui “marchent”. Lorsque ça marche, vous êtes ensemble. Dans le cas contraire, il change d'artiste. Nous avons donc préféré prendre un ami que nous avons nous-mêmes formé.




Eustache Gnaba

declic

 

 

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