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Boro Sanguy (membre de la Jet
Set): “Oui, j’ai fait la prison” |
Le
samedi 8 septembre, après la chaude alerte
et la replique de Prestige sur Radio
Nostalgie, Boro Sanguy m'appelle. “Vergès,
je veux que nous fassions une interview...”.
Sur le coup, j’ai hésité. Parce que ne
dit-on pas que lorsqu'un serpent vous mord,
à voir un ver de terre, l'on prend peur…
Néanmoins, j’ai accepté sa demande. Boro est
tout de même sérieux. Lui, je l'ai
fréquenté, côtoyé et j’ai échangé plusieurs
fois avec lui. Ce n’est pas la première fois
qu’il m’accorde une interview. Celle de Lino
Versace, pour rappel, avait été réalisée par
Franck RV. La bande sonore diffusée sur
Radio Nostalgie l'atteste et fini de
convaincre tout un chacun. Cette fois-ci,
nous sommes deux à la tâche. Franck RV et
moi. L'interview se passe chez moi à la
maison. Excusez pour toutes ces précisions.
Sait-on jamais ? Allons dans le vif du
sujet. Boro Sanguy tranche sans équivoque.
“Assumons ce que nous faisons”. Très lucide,
El Maestro, c'est son autre pseudo, parle de
son passé. “Ne cataloguons pas tout le
monde…soutenons le décalé-coupé…”. C'est son
message. Une interview-vérité où Boro dit ce
qu'il n'a jamais confié à un organe. Et fait
des révélations...
En tant que membre influent de la Jet
Set, peux-tu nous faire l'état des lieux, au
sein de cette famille ?
Bon bêh ! C'est comme dans toute famille. Il
y a par moments des disputes entre frères et
sœurs. Dans un couple également, il y a
toujours quelques étirements. Aujourd'hui,
on est à un stade où je suis en train
d'emmener tous les membres à se remettre
ensemble. Je devais le faire, mais Lino
Versacé était à Abidjan et le Molaré à
Brazzaville. Donc on n'a pas eu le temps de
pouvoir s'attraper pour faire le point.
Parce que le mouvement a commencé à un point
pour en arriver à un autre. Il faut
s'asseoir maintenant pour faire le bilan de
tout ce qu'on a fait. Et essayer de voir
tout ce qui est positif, négatif. Comme
cela, on peut avancer. Sans ça, on ne pourra
aller nulle part.
Il y a pratiquement 8 mois, tu me disais
que tu allais faire ce point là.
Apparemment, ça tarde à se faire. On dirait
que les choses ne sont pas aussi faciles.
A deux reprises, j'ai essayé de le faire.
Mais, chaque week-end, en Europe, chacun de
nous a son spectacle. Souvent à l'autre bout
du monde. On a du mal à s'attraper. Ou,
quand on doit se voir, il y a toujours
quelqu'un qui manque à l'appel. Moi, je me
dis que c'est la volonté de Dieu. Il y aura
un jour où on se verra. Quand je vais
rentrer à Paris, je ferai tout pour qu'on
puisse s'attraper et mettre certains trucs
au point. Tout le monde a vu tout ce qui
s'est passé dans les journaux avec Lino
Versace. Je crois que ça sert de leçon. Il
faut qu'on s'asseye pour peser le pour et le
contre pour aller dans la bonne direction.
On ne va pas épiloguer sur le sujet Lino.
Quand tu dis que vous allez vous asseoir.
S'agira t-il de faire le bilan ou de régler
certains problèmes ?
Il faut qu'on le dise. Il y a des problèmes.
Tu sais, quand tu as l'estime de ton ami, il
fait des choses qui te font mal, mais tu
n'arrives pas à le lui faire savoir. Quand
ça s'accumule, ça devient de petites
querelles. Ce sont des trucs de ce genre
qu'on a entre nous. Il faut qu'on les règle.
Il ne faut pas dire tout le temps que ça va.
Ça va quand on va faire des spectacles. Mais
après, tu sens que ce n'est pas ça. Moi, je
me rappelle, quand le coupé décalé a
commencé, c'est dans une ambiance qu'on
était. On sortait pour s'amuser. Mais
aujourd'hui, on dit qu'on ne sait pas
chanter. On a appris à chanter. Je pense
qu'on a essayé de surmonter tout cela
ensemble. Mais la tension demeure. Tout cela
me gène parce que je suis le pilier. Mon
rôle, c'est de rassembler tout le monde pour
qu'on aille sur une autre base.
Peut-on savoir ce qui se passe exactement
entre vous ?
Tout de suite, je peux te le dire. Mais si
je le dis, c'est comme si je suis en train
d'exposer la vie de mes amis. Ce que je
n'aimerais pas faire. Mais ils savent,
eux-mêmes, qu'il y a un problème. On a bossé
dur pour être là. Et je ne veux pas
éclabousser tout le monde. Donc je préfère
ne pas évoquer nos problèmes. Ma carrière
prend, aujourd'hui une autre tournure. Je
suis en train de réaliser un film. Et ça me
fait mal que mes “frères” ne puissent pas en
profiter. Parce que demain quand tout va
baigner, ils diront que je ne leur ai pas
dit. C'est de tout cela que je veux qu'on
discute.
Embrasserais-tu une carrière solo comme
Lino et les autres ?
Lino a décidé de faire une carrière solo.
Comme je le dis, on ne peut pas empêcher
quelqu'un de faire ce qu'il veut. Moi aussi,
je fais une carrière solo. Je suis en train
de faire un film et terminer mon album qui
va sortir en même temps que le film. J'ai
d'autres projets.
Quelle est la trame de ce film ?
Le film s'appelle
“Les Co-locataires”. C'est le premier film
que je fais avec mon cousin Gaoudi Armand.
On vient de le terminer. J'ai même la bande
annonce. La trame du film est simple. Ce
sont des personnes qui viennent d'horizons
divers avec diverses cultures qui vivent
ensemble. Il y a des meurtres et beaucoup
d'émotions. En tout cas, le film n'est pas
mal.
Tu es acteur, producteur, réalisateur ?
Je suis acteur dans le film.
Quel rôle joues-tu ?
Je joue le rôle d'un proxénète. (Rires)
Explique-nous un peu...
Je sortais avec une fille. Et je faisais mon
business sans qu'elle ne le sache. Un jour,
elle l'a su. Donc j'étais obligé de la
mettre dans le business. A la fin, il y a
des gens qui se lâchent, des meurtres…Il y a
le 1, 2 et 3. Je suis à la fois, producteur
et acteur. C'est mon frère Gaoudi et moi qui
le réalisons.
Tout le monde a aimé le duo Lino Versace-Boro
Sanguy. Qu'est-ce qui a causé votre
séparation ?
Ce n'est pas une séparation en tant que
telle. Cela ne veut pas non plus dire qu'on
ne se parle plus. Peut-être que nous voyons
maintenant grand. Chacun veut faire parler
son talent, libérer ce qu'il a en lui. Il
peut avoir des projets qui ne vont pas avec
mon style. Et moi également, je peux avoir
un projet qui ne va pas avec son style. Je
prie Dieu pour que, demain, nous puissions
reprendre le groupe pour avancer. Là, on a
fait un single avec Muss de M.A.M, Serges
Defalet et le Molaré. C'est pour dire qu'on
travaille toujours ensemble.
Y a-t-il eu des problèmes de leadership
entre vous ?
Non ! Problème de leadership entre deux
personnes, c'est trop dire. Je me dis que
dans la musique, les membres d'un groupe
n'ont pas les mêmes fans. La personne qui
dit que toi tu es fort, peut aussi le dire à
un autre. Donc, il faut être dur dans la
tête. Si quelqu'un te dit quelque chose qui
ne te plaît pas, tu viens me voir
directement. On en parle et on avance. Les
grands frères, Guy Vincent et Bony (R.A.S),
j'étais tout le temps avec eux. Et j'ai
beaucoup appris à leurs côtés. Aujourd'hui,
chacun a décidé de faire sa carrière,
j'aimerais que ça marche pour tout le monde.
L'enfant que tu aurais eu avec Linda de
Lindsay se porte-t-il bien ?
(Rires !)…
Es-tu réellement le père de cet enfant ?
C'est un problème. Il faut, un jour, que
j'en parle. Moi, je suis un homme marié.
Linda (Lindsay), ce n'est pas aujourd'hui
que je l'ai connue. Je l'ai connue avant de
chanter. C'est une fille à qui je tire mon
chapeau. Car, quand elle veut quelque chose,
elle finit par l'obtenir. Concernant la
petite (leur fille), comme mon père et ma
mère me l'ont toujours dit, quel que soit la
manière dont il est conçu ou quel que soit
le problème, un enfant, c'est un enfant.
Donc je peux dire que l'enfant se porte
bien.
Comment ça se passe entre vous trois. On
veut dire Linda, votre fille et toi ?
Ça se passe plus ou moins bien. Moi, je suis
marié et cela fait un bon bout de temps.
Mais comme je l'ai dit, tout se passe bien.
Kenza a quel âge?
Kenza a bientôt 3 ans, je crois.
On
va revenir un peu à ton rôle de proxénète.
Ne reprends-tu pas ainsi une vie que tu
aurais déjà menée ?
Bien, ça m'est arrivé de jouer les
proxénètes. Je ne peux pas vous mentir. J'ai
eu un passé. que je ne renie d’ailleurs pas.
Quel que soit ce que tu feras ou tu diras,
cela va te rattraper un jour. Je l'ai été.
Mais je ne le suis plus. J'ai fait ce genre
de choses comme tout le monde. Même,
toi-même, tu as été proxénète sans que tu ne
le saches. Brancher une fille à quelqu'un,
c'est la même chose.
Ça été facile de jouer ce rôle ?
Vraiment ça été très facile. Parce que
j'avais ça en moi.
Tu as été proxénète, mais on a appris que
tu étais dans les deals de drogue.
Éclaire-nous.
Oui bien sûr, j'ai été dans plein de choses.
Je ne peux pas mentir. Ça fait ma seizième
année que je suis en Europe. J’y suis arrivé
avant tous mes frères. J’avais 18 ans. Donc
j'étais très jeune quand j'allais en Europe.
Et vous savez, quand on est jeune, on veut
se faire rapidement les sous. Je suis parti
avec des ambitions et un cœur gonflé pour
pouvoir me faire les sous rapidement. Et
aujourd'hui, ça paye. Avant le boucan, ça
m'a permis d'acheter une maison pour ma mère
et une maison pour moi. Ça, c'était avant le
boucan. J'ai fait pas mal de choses, mais je
ne le conseille pas aux gens.
Pas de regrets aujourd'hui ?
Bon, un peu de regrets. Parce que, je ne
veux pas que mon fils fasse ce que j'ai
fait. Même si sa voie doit passer par là, je
ferai tout pour ne pas qu'elle passe par là.
As-tu une fois fait la prison ?
Ouais ! J'ai déjà fait la prison. J'ai fait
9 mois de prison en France. Et aussi aux
U.S.A où j'ai fait deux piges (2ans). Parce
que tout le monde le sait, chaque week-end,
j'étais aux U.S.A.
Aussi grand frimeur que tu es, tu as eu à
marcher avec des nouchis. As-tu encore ce
style-là en toi ?
J'ai grandi dans un certain milieu où il
faut souvent régler les problèmes par des
coups de poing. Je suis gentil, très doux.
En même temps que je te respecte, je
souhaite qu'on me rende ce même respect.
J'ai marché avec les grands frères, on a
fait pas mal de choses, mais je ne suis plus
comme par le passé.
Tu assumes ton passé avec beaucoup de
lucidité …
J'assume parce que, je me dis qu'une
personne peut changer. Une personne peut
aller de l'avant par rapport à beaucoup de
choses. Dans la société, les gens ont des
préjugés sur ceux qui ont fait la taule.
Tout en estimant qu'ils ne vont jamais
arriver au sommet. Moi, je dis que c'est
faux. Il suffit de savoir ce qu'on veut.
Savoir ce qu'on fait. Donc j'assume ce que
je suis.
A part les maisons que tu as achetées
ici. As-tu d'autres réalisations ?
Je suis en train de monter une société à
Abidjan. C'est d'ailleurs la raison pour
laquelle je suis là. A Paris, j'ai un
restaurant que je fais louer à des gens. Il
s'appelle “Le Mangrove”. J'ai plein de
projets.
Es-tu un homme à femmes ?
Sérieusement, c'est ça mon problème. J'aime
trop les femmes.
Quel est ton genre de femme ?
Mon genre de femme, ce sont les “Bobaraba”.
En t'ouvrant ..., n'aurais-tu pas un
message particulier à faire passer en
rapport avec l'affaire Lino Versace ?
Ce que je veux faire passer comme message,
c'est que, ce n'est pas pour ce qui s'est
passé avec Lino qu'on va essayer de
cataloguer tout le monde. Mettre tout le
monde dans le même panier. Parce que nous
qui sommes derrière, sommes touchés. Et dire
aussi qu'on a beaucoup bossé pour arriver à
ce stade là. Donc essayons de passer à autre
chose. Je veux aussi donner un conseil à
tous les artistes de Côte d'Ivoire,
d'Afrique et même du monde. Quand tu es
devant un journaliste, il faut savoir ce
qu'il faut dire. Il faut aussi avoir un
manager à côté. Avant de parler, tout est
écrit. Comme ça, on ne dit pas n'importe
quoi. Je dis de passer là-dessus et retenir
le côté positif de la Jet Set. Tout ce que
ce mouvement a apporté dans les cœurs depuis
le début de la guerre jusqu'à aujourd'hui.
Ce n'est ni, pour une seule personne, ou un
seul sujet que l’on va oublier ce que le
coupé décalé a apporté. Nous les africains,
avons l'habitude de juger une personne en ne
prenant en compte que ses défauts. Il faut
aussi tenir compte de ses atouts. Ce que je
peux dire, essayons de passer là-dessus et
avancer. La vie continue. Prestige Mag est
un magazine de pouvoir, de Prestige et de
pognon,
les “3 P” quoi !
Ta
souplesse sur scène est dûe à quoi ?
Au fait, j'ai fait de la gymnastique quand
j'étais un peu plus jeune. J'ai aussi fait
du Tækwondo. Un jour, je dansais en
m'amusant et les amis ont aimé. J'ai refait
pareil une autre fois, et tout le monde a
aimé. J'ai essayé de l'améliorer, c'est
tout. C’est ma manière de me démarquer dans
le mouvement coupé décalé.
Des mots à l'endroit de tes fans ?
Je dis à mes fans qu'il n'y pas de
problèmes. On est encore là. Je pense à
vous. Bientôt, il y a mon album qui sort et
j'aimerais qu'ils me soutiennent. On a trop
bossé pour imposer ce mouvement. Qu'on
retienne que partout dans le monde, on
représente la Côte d'Ivoire à travers des
spectacles. Nous sommes les ambassadeurs de
la Côte d'Ivoire. Aujourd'hui, on a vu des
personnes venues de la Chine, du Cameroun…de
partout. Juste pour voir la Côte d'Ivoire. A
cause du décalé coupé. Qu'on nous soutienne
dans ce mouvement. Moi, je lis Prestige
parce que c'est un magazine qui dit ce qu'il
voit et moi je vous tire vers Prestige.
C'est un magazine de Prestige, de pouvoir et
de pognon. Je vous dis à très bientôt. Boro
Sanguy vous aime et merci pour votre soutien
que vous m'apportez tous les jours. Bisous !
Réalisée par
Guillaume Vergès
& Franck RV |
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