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L’année
1995 est de triste mémoire pour l'artiste Dan Log.
Au cours de cette année, elle a perdu son frère aîné
et sa mère. Le temps n'a pas réussi à effacer la
douleur que lui a causé le départ de ces deux
personnes qu'elle aimait tant.
C'est avec les larmes aux yeux qu'elle a accepté de
nous relater ce douloureux épisode de sa vie.
‘’L'année 1995 a été une année de désarroi pour moi.
Cette année là, j'ai été meurtrie dans ma chair et
je le suis toujours. Ma mère était très malade, on
la savait condamnée, mais on gardait toujours
espoir. Nous faisions tout ce qui était possible
pour lui assurer les meilleurs soins. Mon frère et
moi étions très proches. A l'époque, il était âgé de
36 ans et malgré la maladie de notre mère, il avait
la joie de vivre. Le matin du 12 février 1995, il
est venu me voir chez moi. Habituellement, quand il
arrivait, il sortait avec mon bébé. Mais ce matin
là, il s'est contenté de le prendre dans ses bras et
est reparti à 11 h. J'étais loin de m'imaginer que
c'était la dernière fois que je le voyais vivant.
Aux alentours de 15 h, je reçoit un appel qui
m’annonce que mon frère venait de périr par noyade.
Il avait une ferme à Bouabou, à 5 km derrière
l'aéroport. Il s'y était rendu pour effectuer
quelques travaux de réfection. Il avait voulu se
rafraîchir juste après et il s’est noyé. Je n'ai pas
compris pourquoi il avait voulu se baigner. Mon
frère avait une vraie phobie de l'eau. Enfant, il
nous accompagnait à la piscine sans toutefois nager.
A notre arrivée sur place, on ne pouvait pas
récupérer le corps car il fallait, au préalable, le
constat des gendarmes. Mais le jour de son décès
coïncidait avec la visite du président Bédié à
l'aéroport. Les gendarmes avaient été réquisitionnés
à cet effet. On a du attendre jusqu'à minuit pour
pouvoir sortir le corps de mon frère de l'eau. Et
c'est avec beaucoup de douleur que j'ai vu les
traces de morsure que les poissons lui avaient fait
au visage. Ironie du sort, le pompier qui l'a sorti
de l'eau était un de ses amis d'enfance. Ils avaient
même fait le lycée ensemble. C'est au moment de
vérifier l'identité de la victime qu'il a reconnu
mon frère. Imaginez son émotion. Quatre mois plus
tard, c'est-à-dire le 16 juin 1995, le mal qui
rongeait ma mère l'a emportée. On la savait
condamnée mais je suis certaine que le brusque décès
de mon grand-frère a accéléré sa mort. A l'époque,
ces deux décès m'ont rendue amnésique. Il a fallu le
soutien et la patience de mes amis pour m'aider à
surmonter cette étape sombre de ma vie’’.
Par Koudou
Par
Radiojet.net 21/06/2009
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